Plus jamais je ne la verrais faire son galop sur place. Plus jamais elle ne me mordra le genou ou le pied parce que Gex marche plus vite qu'elle. Plus jamais je ne la verrais embarquer Lizette. Plus jamais je ne la verrais courir toute seule dans son box. Je ne l'assisterais plus en endurance, dans les Vosges, partout. Je ne la monterais plus dans le van. Je n'essaierais plus de lui mettre son mors avec le filet orange. Je ne la lacherais plus dans le manège quand Lizette sera en vacances. Je n'irais plus foncer au bord de la Moselle avec elle, doubler tous les vélos. Je ne la verrais plus faire la course avec Fripon. Je ne verrais pas sa pouliche Vitesse ou Va-vite. Mais je n'oublierais pas les souvenirs merveilleux que j'ai avec elle. Ma première balade avec Gex, elle était là, avec son petit couvre-rein vert. L'hiver dernier, sa tonte avec le lapin playboy sur la cuisse. La première place à sa première épreuve d'endurance. Les fois ou je la montais parce que Lizette en pouvait pu tellement elle chauffait. Garche, ya deux ans, les 7 derniers km au petit trot, ou cette année la mania. Les 90 km en deux jours jusqu'à chez Jean-Claude a Woippy. Lizette qui volait littéralement sur la plage du Nord. Je crois que je vais finir par ce souvenir, j'en ai beaucoup, beaucoup d'autres, mais celui-ci est de loin le meilleur qui me reste d'elle. La meilleure jument que j'ai jamais montée. La plus folle aussi. Celle qui ne s'arrêtait jamais.
Mais tout cela n'est absolument rien comparé à ce que doit ressentir Lizette en cet instant.
Elle a perdu sa moitié.
Au revoir
ILLONA, ma toute belle.